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La sérénité, ici et maintenant…

La sérénité fait partie du chemin de l’essentiel. Elle s’installe dès que le besoin de sécurité est comblé.

Le besoin de sécurité, tu te souviens, c’est l’un des 3 besoins fondamentaux dont nous avons parlé la dernière fois. C’est celui qui nous guide vers la satisfaction de nos besoins primaires de survie : respirer, manger, boire, dormir, se protéger – du froid, de la chaleur, des éventuelles attaques.

 

Mais alors, te dis-tu, je respire, je dors chaque nuit (même si j’ai parfois des insomnies), j’ai de quoi manger dans mon frigo (et même de quoi cuisine de super bons petits plats…), l’eau courante (+ de l’eau en bouteille), un logement (qui ferme à clé pour me protéger des dangereux prédateurs), des vêtements et même – ô grand luxe – du chauffage + une clim dans la voiture ! J’ai tout ce qu’il faut. Alors, pourquoi la sérénité ne pointe-elle pas le bout de son nez… ?

Parce que ça ne suffit pas, répond notre mental dont une des fonctions première est d’assurer notre survie. Le danger peut venir n’importe quand, et de n’importe où ! Surtout quand on ne l’attend pas, ajoute-t-il l’œil aux aguets…

Le mental, c’est un garde du corps parfait. Ses indics : nos 5 sens, toujours à l’affut. Sa question favorite : « Danger ou pas danger ? ». Les réponses ? Toutes classées. Deux dossiers : « Danger » et « Pas danger ». Une banque de données et une mémoire extraordinaires, nos petits disques durs de 10 To font minables à côté.

Tu veux le voir à l’action ?

Une voiture déboule alors que tu traverses la route. Un (ou plusieurs) de tes 5 sens tire(nt) le signal d’alarme : la peur -> danger éventuel. Le signal transite par le thalamus et l’amygdale. Qui déclenche une réponse immédiate : fuir ou attaquer (normalement, là, tu choisis la fuite…). Aussitôt, le bouton « jet d’adrénaline » est activé pour te permettre de prendre tes jambes à ton cou. L’info arrive au mental. Qui fouille dans son disque dur et confirme que c’est bien un danger. Et hop, re-dose d’adrénaline. Tu fonces sur le trottoir. Tout ça en quelques millisecondes. OUF, tu es sauvé(e).

Une souris déboule alors que tu passes le balai (pas sur le trottoir, c’est une autre histoire…). Un (ou plusieurs) de tes 5 sens tire(nt) le signal d’alarme : la peur -> danger éventuel. Le signal transite par le thalamus et l’amygdale. Qui déclenche une réponse immédiate : fuir ou attaquer (là, je te laisse choisir…). Aussitôt, le bouton « jet d’adrénaline » est activé pour te permettre de, soit prendre tes jambes à ton cou, soit enfiler tes gants de boxe. L’info arrive au mental. Qui fouille dans son disque dur et… Danger ou pas danger ? Suspense…. Allez, on fait les deux !
– Ton mental a classé la souris dans le dossier « danger ». Hop, re-dose d’adrénaline. Quelques secondes plus tard, tu es perché-e sur le haut de l’armoire ou, si tu as choisi l’option attaque, c’est la souris qui s’y trouve, avec un bel œil au beurre noir. Et que ça soit toi ou la souris en haut de l’armoire, tu es sain(e) et sauf(ve). OUF !
– Ton mental a classé la souris dans le dossier « pas danger ». Stop l’adrénaline. Stop la fuite ou l’attaque. La souris et toi partez bras dessus bras dessous prendre un pot au café du coin. Tu es sain(e) et sauf(ve). La souris aussi. Cool !

Il est pas top notre mental ?

Allez, on s’en fait une petite dernière…

Une pensée déboule alors que tu es allongé(e) dans ton lit. Tu sais, celle qui tourne en boucle où tu imagines que peut-être éventuellement si ça ou ça arrive tu pourrais perdre ton boulot. Un (ou plusieurs) de tes 5 sens tire(nt) le signal d’alarme : la peur -> danger éventuel. Le signal transite par le thalamus et l’amygdale. Qui déclenche une réponse immédiate : fuir ou attaquer. C’est malin, tu vas choisir quoi là à 3 heures du mat ?
Le temps que tu choisisses, le bouton « jet d’adrénaline » a déjà été activé. L’info est arrivée au mental. Qui a fouillé dans son disque dur… et qui confirme le danger. Et hop, re-dose d’adrénaline.
Toi, t’es toujours dans ton lit à te remuer les méninges. Plus tu te remues les méninges, plus le signal d’alarme se déclenche et plus tu reçois d’adrénaline. Tu as maintenant une méga dose suffisante pour dépasser un guépard en pleine course ou abattre un arbre centenaire d’un seul coup de poing. Mais là, dans ton lit, à part te faire virevolter de droite à gauche et de gauche à droite, donner éventuellement quelques coups sur l’oreiller, t’empêcher de te rendormir et de redoubler le nombre de pensées affolantes, ça ne va pas vraiment t’aider à résoudre ton problème…
A part fuir ou attaquer, il y a bien une troisième option : faire le mort. Ça parait plus adapté à la position allongée, tu pourrais essayer de te figer pendant une quinzaine de minutes mais, avec des pensées qui mènent un branle-bas de combat sous l’effet de l’adrénaline, je doute que tu arrives à trouver une solution efficace au danger qui s’accentue de minute en minute dans ta tête…

Et tant que t’as pas trouvé une solution à ton danger, ton mental, il va pas te lâcher. Tu vas bien arriver à le distraire un peu le lendemain avec les problèmes du boulot, en surfant sur facebook, en sirotant un apéro, en regardant les infos à la télé ou une série américaine. Mais au moindre relâchement, ou dès que tu vas enfin fermer les yeux dans ton bon lit douillet, il va refaire surface. Tu peux compter sur lui !

Le pire : des pensées comme ça qui déclenchent le signal d’alarme, tu en as plein d’autres sous le coude.
Rassure-toi, tu n’es pas le(a) seul(e).

En fait, les peurs recouvrent la quasi-totalité de notre conscience.

Certaines sont des peurs ressenties face à un danger réel : une voiture passe à toute vitesse, nous sommes attaqués par une souris un ours, un pot de fleur nous tombe dessus, nous glissons sur une peau de banane… La cascade déclenchée par notre peur est efficace puisqu’elle nous permet d’y faire face.

Mais la plupart de nos peurs sont ressenties face à des dangers imaginés, voire illusoires. Que risquons-nous face à une souris ? Quel danger réel courons-nous de parler devant un public ? Ou d’arriver en retard à un rendez-vous ?

Pour ne prendre aucun risque, notre mental a tendance à enregistrer beaucoup plus de données dans le dossier « Danger » que « Pas danger ». Tous les dangers éventuels que nous avons vécus bébé et qui étaient un danger parce que nous étions bébé sont classés « Danger » – même s’ils ne le sont plus après. Toutes les peurs de nos parents, des autres adultes, de la société, de l’inconscient collectif datant de plusieurs siècles voire millénaires, sont classées « Danger » – même si elles ne sont plus d’actualité. Toutes les infos alarmantes de la télé, de la radio, des faits divers, sont classées « Danger » – même si elles ne nous concernent pas et qu’elles ont lieu à l’autre bout du monde.
Bref, le spectre est large…
De quoi combler toutes nos pensées…

Et tu sais quoi ? Il a été observé que 95% de nos peurs ne se réalisent jamais…
Je répète : Il a été observé que 95% de nos peurs ne se réalisent jamais.

[Pause]

Pense à ça la prochaine fois qu’une pensée inquiétante te traverse l’esprit. Tu verras, ça aide.
Pense que, à 95%, ta peur ne se réalisera pas.
Pense que, quand ton mental l’a rangée dans le dossier « Danger », c’est qu’il avait une raison mais qu’il y a 95% de chances pour que cette raison ne soit plus valable pour toi aujourd’hui. Et que d’ailleurs, elle ne t’a même peut-être jamais concerné-e.

[Pause]

Mieux : en montrant à ton mental que cette pensée qui t’inquiétait ne te fait plus peur, il va finir par la transférer du dossier « Danger » au dossier « Pas danger ». Wow, une peur en moins, une libération de plus !

Encore mieux : cette peur / inquiétude dont tu t’es débarrassée, tu ne la transmettras plus à tes enfants ou à tes proches.
Encore encore mieux : si eux l’avaient déjà, ils pourront prendre conscience grâce à toi qu’elle n’est pas valable, et s’en libérer eux aussi.

C’est pas merveilleux ?
Ça vaut le coup d’avoir une petite discussion en tête à tête avec ton mental, non ?

Alors allons-y… J’ai un petit exercice pour toi. Fais-le maintenant, ça ne dure que quelques minutes.

Pose-toi là, juste un instant, dans le présent.
Ferme les yeux, sens le sol sous tes pieds, tes fesses sur la chaise.
Prends une grande respiration. Allez, soyons fous, deux.
Observe ton cœur qui bat, ton ventre et ta poitrine qui gonflent et dégonflent au rythme de ta respiration.
Écoute les bruits autour de toi.
Fais tout ça en même temps.
Ne triche pas, fais-le, je te regarde !
Et prends conscience que là, ici et maintenant, tout est ok, tout est parfait.
Ici et maintenant. Pas demain, pas dans 1 mois, ni même dans 5 minutes.
Ici et maintenant.
Pose-toi quelques minutes là, dans le ici et maintenant…
Puis ouvre doucement les yeux, quand tu le sens…

Alors, comment te sens-tu maintenant ?
Plus calme ? Plus serein-e ?
Et si tu penses à un truc qui te turlupine actuellement, comment il t’apparait ?
Est-ce que là, ici et maintenant, le problème existe ? Ici et maintenant, ni 5 minutes avant, ni 5 minutes après.
Est-ce que, ici et maintenant, le problème existe réellement ? Ou c’est un souvenir du passé ? Ou une projection du futur (qui, à 95%, ne deviendra de toute façon pas réalité) ?

Prends conscience que là, ici et maintenant, tout est ok, tout est parfait.
Juste à ce moment-là.
Et qu’à la seconde suivante aussi, ici et maintenant, tout est ok, tout est parfait.

[Pause]

Cette mini-pause, fais-là régulièrement. Plusieurs fois par jour.
Oui, je sais, tu n’as pas le temps.
Et je sais ce que c’est, je suis une reine de « J’ai pas le temps ». Doublée d’une anxiété chronique de manquer de temps. Ça va toujours avec.
Je me soigne avec des pauses « ici & maintenant ». Plus je manque de temps, plus je fais des pauses.
Il a fallu que je me force au début.
Mais les faits sont là : plus je fais de pauses, plus je gagne de temps.
En fait, plus je fais de pauses, plus je gagne en sérénité. Et plus je gagne en sérénité, plus je suis efficace. Et plus je suis efficace, plus je gagne de temps.
-:)

La pause « ici & maintenant », ça peut être aussi :

  • observer la nature, écouter le chant d’un oiseau, toucher un arbre, humer une fleur ou sentir le souffle du vent
  • caresser son chien, ressentir le ronronnement de son chat sur son ventre
  • esquisser un croquis, griffonner quelques gribouilles artistiques sur un bout de papier, colorier

Non, facebook, ce n’est pas une pause « ici & maintenant ». Ni regarder ses mails ou la télé.
En fait, rien qui n’implique la réflexion. Rien qui n’implique le mental.
Parce que c’est lui qui nous embarque dans le passé et le futur, hors du « ici & maintenant ».

Je ne l’accuse pas. Notre mental n’est pas à combattre.
Il est là pour nous protéger et il fait très bien son job.
Faut juste l’aider à régulièrement remettre à jour sa base de données, à faire du tri dans son dossier « Danger ». Pour éviter qu’il ne continue à faire du zèle.

C’est le chemin vers la sérénité.
Et la pause « ici & maintenant » est un premier pas.
(J’en ai d’autres dans mon sac, ne manque pas les prochains articles…)

Raconte-moi comme s’est passé ta pause « ici & maintenant » dans les commentaires ci-dessous, ça m’intéresse !